Mumia est né le 24 avril 1954.Son vrai nom est Wesley Cook il se fait appeler Mumia au lycée sous l'influence d'un professeur Kenyan il rajoute "Abu-Jamal" lors de la naissance de son fils Jamal.
A l'âge de 14 ans, Mumia est arrêté et battu par des officiers de police pour avoir protesté contre un meeting du candidat ultraraciste George Wallace, à Philadelphie. Peu après, il est fiché par le FBI pour avoir voulu rebaptiser son lycée “Malcolm X”. Il est l'une des cibles du Cointelpro (programme d'infiltration et de contre-espionnage) dont seront victimes Leonard Peltier et d'autres membres de l'Américan Indian Movement et des Black Panthers.
Devenu journaliste de radio apprécié, lauréat de plusieurs prix, Mumia est surnommé “la voix des sans-voix” pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politiques locaux. Depuis 1978, il dénonce la violente répression qui frappe la communauté MOVE et, en 1981 suit le procès de son fondateur, John Africa, qui sera acquitté des charges fabriquées contre lui.
Le soutien de Mumia à MOVE exaspère les politiques et la police de Philadelphie et lui vaut le renvoi d'une des stations de radio où il exerce. Pour faire vivre sa famille, Mumia est contraint de travailler comme taxi de nuit .Aux premières heures du 9 décembre 1981, Mumia Abu-Jamal est grièvement blessé lors d'une fusillade dans le quartier sud de la ville, où il vient de déposer un client. Arrêté, il est accusé du meurtre d'un policier, Daniel Faulkner, tué dans cette fusillade. Malgré ses dénégations, malgré son absence d'antécédents judiciaires, une enquête inéquitable (expertises balistiques inexistantes, balles non identifiables, absence de relevé d'empreintes, zone des faits non sécurisée, tests non effectués, etc.) conclut à la culpabilité de Mumia. Témoins menacés, subornés, écartés, rapports de police contradictoires, violations de ses droits, mèneront, en juillet 1982, à la condamnation à mort de cet opposant politique gênant sous la pression d'un juge recordman de la sentence... Mumia est “le coupable idéal”
En juin 1999, un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, avoue à l'une des avocates de Mumia avoir tué l'officier Faulkner dans le cadre d'un contrat mêlant police et mafia. Corroborés par un faisceau d'éléments et de témoignages concordants, les aveux de Beverly n'ont jamais été entendus par la justice au prétexte qu'ils sont “hors des délais de la procédure”.
Le 18 décembre 2001, la sentence de mort de Mumia a été provisoirement écartée, mais il est toujours considéré coupable et menacé de voir cette sentence à nouveau prononcée. Mumia Abu-Jamal lutte toujours depuis le couloir de la mort, enfermé 23h/24h dans une cellule grande comme une salle de bains et dans un isolement sensoriel inhumain. La mobilisation internationale a empêché par deux fois son exécution, en 1995 et 1999.
Aux Etats-Unis, c'est à l'accusé de fournir les preuves de son innocence. Et il lui en coutera des sommes exhorbitantes pour se défendre. Selon le Département de la Justice américaine, un condamné à mort qui use de tous les recours auxquels il a droit, devra débourser de 1,5 à 4 millions de dollards. entre 1993 et 1999, les sommes dépensées pour défense de Mumia ont été de 1 million de dollars.
La répression policière des manifestations aux Etats-Unis, avec arrestations et libérations sous caution, grèvent également la défense de Mumia.
Dès lors, sans solidarité financière il est impossible de se défendre convenablement ce qui est le cas de l'immense majorité des condamnés, notamment de ceux qui sont dans le couloir de la mort. Presque tous sont pauvres et 60% d'entre eux sont illétrés.La vie de Mumia demeure en grand danger
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